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Louis-Alexis Gratton |

Potentiel en Powerlifting

Le potentiel athlétique a été particulièrement étudié dans les dernières années dans le domaine de la théorie de l’entraînement. Qu’est-ce qui fait un grand athlète? Est-il possible pour tout le monde d’atteindre de hauts niveaux dans le sport? À quel degré est-ce que la génétique joue un rôle? Bien que les réponses à ces questions demanderaient un texte beaucoup plus grand que ce que nous entreprenons ici, nous allons tout de même jeter un coup d’œil au potentiel athlétique de la perspective d’un sport en particulier : le powerlifting.

Bien que la génétique joue certainement un rôle dans tous les sports, le degré auquel elle influence le succès sportif varie grandement d’un domaine athlétique à un autre.

Le powerlifting peut paraître inaccessible pour certains : les gros poids soulevés par les powerlifters semblent être des exhibitions de force surhumaine pour la population générale. L’incompréhension mène souvent à la conclusion facile que ces athlètes avaient une prédisposition génétique à lever autant de poids que ce qu’ils font. Bien que la génétique joue certainement un rôle dans tous les sports, le degré auquel elle influence le succès sportif varie grandement d’un domaine athlétique à un autre.

Jusqu’à quel point, donc, la réussite en powerlifting est déterminée par la génétique? Pour répondre à cette question, nous allons examiner les facteurs principaux qui ont une influence sur le talent en powerlifting : la longueur des membres; l’hypertrophie; le type de fibres; la force maximale et, finalement; la douance.

En tout et pour tout, la longueur des membres a un petit impact sur le succès en powerlifting, et il est possible d’observer d’excellents leveurs avec des construction physiques très différentes.

La longueur des membres est principalement déterminée par la génétique [1] et a une influence sur l’amplitude de mouvement et la technique de lever au squat, bench press et deadlift. De façon générale, le moins le poids doit parcourir de distance, le plus facile sera la levée. Par contre, ce qui est avantageux pour une levée peut être nuisible pour une autre. Par exemple, des bras courts peuvent être un gros avantage sur le bench press, mais ils nuiront définitivement aux leviers dans le deadlift. Il est également important de noter que, bien que la longueur des membres varient d’une personne à une autre, cette variabilité dépasse rarement 10% [2] dans la longueur relative des segments. En tout et pour tout, la longueur des membres a un petit impact sur le succès en powerlifting, et il est possible d’observer d’excellents leveurs avec des construction physiques très différentes.

L’hypertrophie n’est que modérément prédéterminée [3] , et elle a une grande influence sur la performance en powerlifting. La raison est simple : le plus de masse musculaire il est possible d’accumuler, le plus de muscles vous allez avoir pour lever des charges maximales. En commençant, la majeure partie des améliorations en force viennent d’adaptations neurales. Par contre, après les premiers mois d’entraînement, une fois que la technique de base est maîtrisée dans les trois levées, la capacité de continuer de gagner de la force vient en grande partie de l’addition de masse musculaire. Bien qu’il soit définitivement possible de continuer à prendre de la force avec la même masse musculaire pour une période de temps extensive (comme on peut le voir principalement chez les powerlifters avancés), une telle progression est beaucoup plus lente et n’est pas recommandée pour les leveurs débutants.

Le type de fibres, ou le ratio de fibres Type I / Type II et son impact sur la performance sportive est étudié depuis des années et est généralement accepté comme un bon prédicteur de succès dans de nombreux sport. En tant que bref rappel, les fibres de Type I sont résistantes à la fatigue et prennent plus de temps à atteindre leur capacité de production de force maximale; les fibres de Type II, au contraire, atteigne rapidement leur capacité de contraction maximale, mais ne peuvent soutenir un effort très longtemps. Un athlète avec une plus grande quantité de fibres de Type I aurait de bonnes performances dans des sports d’endurance, alors qu’un athlète avec une prédominance en fibres de Type II serait plus à sa place dans des sports de force et de puissance. Le type de fibres est grandement déterminé par la génétique [4] . Par contre, les conclusions récentes montrent que le ratio de Type I / Type II n’est probablement pas aussi important que ce qui était précédemment accepté, spécialement pour les sports de force. Tout d’abord, chez l’humain moyen, le ratio est d’environ 50/50, avec tous les muscles présentant un mélange des deux [5] . La variation d’un individu à un autre se retrouve plutôt dans le ratio à l’intérieur de certains muscles. Par ailleurs, il a été démontré que la production de force maximale ne varie pas énormément entre les fibres de Type I et les fibres de Type II. En fait, la différence entre la capacité de produire de la force chez ces deux types de fibre est de moins de 10% [6] . Bien qu’un pourcentage élevé de fibres de Type II dans les muscles cruciaux soit définitivement un atout dans les sports de puissance à cause de la capacité de ces fibres à produire de la force rapidement, il ne semble pas qu’il y ait un avantage significatif à la même situation pour le développement de la force maximale.

La force maximale est marginalement influencée par la génétique [7] et elle est l’élément le plus important dans le succès en powerlifting. Peu d’explications sont nécessaires ici: la force maximale est l’habileté biomotrice principale utilisée en powerlifting. Le plus fort êtes, le meilleur vous serez. Puisque sa prédétermination génétique est pauvre, cela veut dire que cette qualité est hautement entraînable et peut être développée de façon considérable.

Le taux d’amélioration est influencé par la capacité d’entraînement, que l’on peut définir comme « une habileté à améliorer le potentiel fonctionnel d’un athlète par le moyen d’un entraînement spécialement organisé et dirigé. »

La douance comprend deux aspects : le niveau initial de l’athlète, et son taux d’amélioration. Ce concept, bien sûr, s’applique à tous les sports. Un athlète qui est considéré comme étant « doué », par exemple, serait quelqu’un avec un bon niveau initial qui s’améliore rapidement. Ces deux éléments sont déterminés en partie par des facteurs génétiques, mais spécialement le dernier, puisque le niveau initial est principalement expliqué par l’expérience sportive précédemment accumulée. Le taux d’amélioration est influencé par la capacité d’entraînement, que l’on peut définir comme « une habileté à améliorer le potentiel fonctionnel d’un athlète par le moyen d’un entraînement spécialement organisé et dirigé [8] . » Personne ne répond exactement de la même façon à un programme d’entraînement : c’est la que la capacité d’entraînement intervient. La génétique, bien sûr, joue un rôle important dans la façon dont un individu répond à l’entraînement; par contre, une variété de facteurs supplémentaires vient influencer la réponse à l’entraînement, notamment la motivation intrinsèque, l’attention portée à la récupération, la gestion de temps et l’éthique générale de travail. Il est important de noter que cette apparente « restriction » au succès sportif en powerlifting sera principalement apparente dans les performances extraordinaires, à cause de la faible contribution des facteurs génétiques dans les accomplissements en powerlifting. Les sports avec une haute demande en vitesse maximale ou en orientation spatiale, d’un autre côté, sont hautement influencés par la douance et des facteurs génétiques.

Comme nous pouvons le constater, les aspects les plus important du powerlifting, l’hypertrophie et la force maximale, ne sont pas en grande partie déterminés par la génétique. La douance, mais spécialement le type de fibres et la longueur des membres n’ont qu’un impact marginal sur le succès en powerlifting. Bien que des avantages dans ces aspects en plus des facteurs principaux puissent être attribués à des performances exceptionnelles, tel que chez les détenteurs de records mondiaux, le powerlifting est un sport où une grande partie de la population a le potentiel de bien réussir, dans le cas où la patience et l’éthique de travail nécessaires pour atteindre des performances de haut niveau sont présents.


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